Passer l’hiver quand on élève des phasmes … Winter is coming !

Face à quelles problématiques retrouvons-nous confrontés l’hiver, nous éleveurs de phasmes ?

Premièrement, cet article concerne probablement une minorité d’éleveurs. En effet, la (très) grande majorité des phasmes se nourrissant de ronce, et cette dernière étant persistante toute l’année en France sous une plus ou moins belle forme selon la rigueur de l’hiver (même si elle peut avoir moins fière allure, elle n’en reste pas moins consommable), il n’y a finalement pas de difficulté particulière.

Le problème réside en fait chez les espèces dites « food specialist », c’est à dire avec une essence de prédilection, et qui est caduque afin de ne pas nous faciliter les choses l’hiver. Je pense notamment aux Loxopsis sp « Tawau » ou aux Micadina sp « Cuc Phuong » (bien que moins vrai pour cette dernière espèce qui arrive parfois à s’habituer à la ronce), qui sont friands de chênes. Deux options : soit vous avez du chêne vert (Quercus ilex) qui est persistant et dans ce cas pas de problème, soit vous êtes dans la seconde catégorie et il va falloir alors ruser …

Heureusement, plusieurs solutions s’offrent à nous. Je conseille de les combiner, afin d’être paré à toute éventualité.

  • Congeler du feuillage : fin septembre début octobre, il est possible de couper un grand nombre de branche et de les conserver au congélateur l’hiver. Il suffit alors de ressortir les branches au fur et à mesure l’hiver. Il existe deux inconvénients à cette méthode, premièrement la place à moins d’avoir un congélateur dédié, et deuxièmement la durée de vie du branchage une fois sorti du congélateur. En effet, il n’excède pas la journée, ce qui implique de sortir du feuillage quotidiennement, et donc de voir ses réserves diminuer rapidement. C’est pourquoi je recommande de sortir tous les jours le strict minimum de feuillage, et en cas de crise, d’espacer à tous les deux jours le renouvellement de feuillage.

 

  • Faire germer des glands : deuxième option qui consiste à récolter des glands en automne, de leur offrir une « diapause accélérée » au réfrigérateur de quelques semaines puis de les faire germer à l’intérieur. Les problèmes de cette méthode sont la durée qu’il faut pour obtenir des pieds de quelques feuilles à partir d’un gland (compter environ 3 mois), et le nombre important de glands qu’il faut faire germer afin de passer l’hiver selon l’appétit de ses phasmes.

 

  • Mettre en diapause ses œufs : dernière solution, celle d’allonger le temps d’incubation de ses œufs afin de passer l’hiver sous cette forme et obtenir des éclosions une fois le printemps commencé. Je m’inspire ainsi de la LTD-méthode décrite initialement par Bruno Kneubuhler sur son site qui est à retrouver ici  J’ai donc utilisé un mini réfrigérateur qu’on trouve pour une cinquantaine d’euros sur Amazon, qui a l’avantage de ne pas trop refroidir et d’obtenir ainsi une température d’environ 8 à 10°C.  En effet, une température en dessous de 8°C va diminuer de façon assez importante le taux d’éclosion. Il suffit donc d’incuber ses œufs (si possible le plus fraîchement pondus) pendant une durée de 2 à 3 mois dans ce frigo, et de les sortir vers le mois de février. J’ai pu tester cette méthode avec des œufs de Loxopsis sp »Tawau » avec un succès relatif (taux d’éclosion assez bas, 20% environ), avec un succès moyen pour Dinophasma saginatum (taux d’éclosion environ 50%) et avec un bon succès chez Orthomeria kangi (taux d’éclosion > 75%)

J’ai décrit essentiellement dans cet article des solutions pour les espèces se nourrissant de chêne, mais le problème peut se poser aussi avec les orties pour les Orthomeria ou le fuschia et l’épilobes pour les Dinophasma par exemple. On peut alors dans ce cas soit utiliser la diapause des oeufs, soit essayer de mettre en pot les plantes nourricières et de leur faire passer l’hiver en intérieur.

Quoi qu’il en soit, le passage de l’hiver chez ces espèces reste souvent un moment critique, pour lequel la règle de l’anticipation est probablement primordiale !

 

Phyllomimus sp « Khao Sok » (Thaïlande)

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Femelle moyenne Phyllomimus sp « Khao Sok »
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Femelle moyenne Phyllomimus sp « Khao Sok »
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Sur cette photo se cache 2 Phyllomimus sp …
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Femelle adulte Phyllomimus sp « Khao Sok »
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Femelle adulte Phyllomimus sp « Khao Sok »
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Mâle adulte Phyllomimus sp « Khao Sok »
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Femelle adulte Phyllomimus sp « Khao Sok »

Déjà 1 an … et 3 concours !

Cela fait maintenant un an que le site est officiellement en activité, avec des ajouts réguliers de photos ainsi que des fiches d’élevage et autres astuces. C’est désormais plus d’une centaine d’espèces que l’on peut admirer dans la galerie, et ce n’est pas terminé !

Voici temps de lancer le troisième concours, avec toujours un petit jeu et un lot à gagner.

Cette fois, il faudra deviner combien d’œufs ont été récoltés sur la photo suivante (Tirachoidea biceps, tous les oeufs ne sont pas visibles sur la photo, le facteur chance sera donc essentiel pour gagner)

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Le gagnant sera celui qui trouve le nombre exact, ou alors celui qui s’en rapproche le plus. En cas d’égalité entre plusieurs concurrents, un tirage au sort aura alors lieu pour les départager.

La réponse est à envoyer à l’adresse mail mehdiphasmescie@gmail.com, une seule chance par participant !

A gagner, un lot d’oeufs parmi une liste qui sera disponible prochainement. En cas de « tout pile », un second lot sera offert !

Fin du concours le 23/09/2018

MAJ 29/09 :

Avec du retard, voici les espèces dont un lot est possible de gagner :

De ce fait, le concours est prolongé exceptionnellement de une semaine, jusqu’au 06/10/2018 minuit inclus !

Bonne chance à tous !

Ramulus sp « Togian Island » (Indonésie)

Ramulus sp « Togian Island » 

Réalisation 01/09/2018

Introduction : Espèce de phasme bâton qui aurait pu passer inaperçu si les jeunes phasmes n’abordaient pas cette coloration si atypique zébrée de noir et blanc ! Après une première tentative qui c’était soldée par un échec, plusieurs années après la deuxième tentative fut la bonne. Entre ces deux tentatives, l’espèce s’était faite très discrète dans les élevages, mais grâce à son look atypique pour un Ramulus on la voit de plus en plus chez les éleveurs.

Pays d’origine : Indonésie

Description :

– Oeufs : 6×2 mm, brun et plat (1mm), très typique pour un œuf de Ramulus tout en étant assez gros pour ce genre.

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Oeufs de Ramulus sp « Togian Island »

 

– Jeunes : A  la naissance environ 15 mm, intégralement zébré de blanc et de noir. Les antennes sont très courtes, 1 à 2 mm. Il va perdre petit à petit au fil des mues sa coloration zébrée pour au final obtenir sa coloration définitive une fois adulte.

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Jeune Ramulus sp « Togian Island »

 

– Femelle adulte : Environ 11 cm, verte plutôt mouchetée, s’estompant avec l’âge pour devenir plus verte foncée de façon uniforme. Présence de deux petites cornes sur la tête et des antennes assez courtes d’une dizaine de millimètres.

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Femelle adulte Ramulus sp « Togian Island »

 

– Mâle adulte : Environ 9,5 cm, la tête et le thorax sont bruns avec les jonctions noires entre le prothorax, le mésothorax et le métathorax, et un abdomen brun avec l’extrémité noire. Les pattes sont très longues par rapport au corps et fragiles. Les antennes mesurent approximativement 25 mm.

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Mâle adulte Ramulus sp « Togian Island »

Incubation : Environ 3 à 4 mois à une température moyenne de 22°C, avec un taux d’éclosion très satisfaisant (>75%) dans une ambiance légèrement humide. Personnellement j’incube les œufs sur papier essuie-tout mais la vermiculite ou encore la fibre de coco font aussi très bien l’affaire.

Alimentation : Ronce. Je n’ai pas testé d’autres plantes mais les framboisiers, rosiers, noisetier, chêne sont probablement acceptés.

Développement :  4 à 5 mois à une température d’environ 22°C pour obtenir les premiers mâles adultes, et environ un mois supplémentaire pour les femelles, dans une ambiance semi-aéré, ou plus aéré mais jamais confiné. Vaporiser tous les jours à tous les deux jours, de façon à laisser sécher le substrat entre les vaporisations.

Terrarium type : nurserie type braplast avec au moins une face aérée voire deux, puis exo-terra par exemple, assez grand (45 cm de hauteur n’est pas de trop, 60 cm est confortable).

Difficulté : 2/5

Rareté : 3/5

Notes :

Attention aux ambiances trop confinées notamment en fin de croissance et chez les adultes, probablement la cause de mon premier échec avec cette espèce … Probablement le plus beau Ramulus, du moins chez les jeunes, les adultes étant finalement assez classiques.

Comme tous les Ramulus, les pattes sont fragiles et les manipulations doivent rester occasionnelles et faites précautionneusement !