Se tenait dimanche dernier le célèbre Reptile Day à Arras et comme à chaque fois, exposants et visiteurs étaient au rendez-vous. Et il fallait être motivé pour affronter la demie heure de queue avant de pouvoir entrer !
Mais avant, il faut bien préciser que cette bourse est nettement orienté reptiles comme son nom l’indique et de ce fait, c’est assez logique que les arthropodes soient minoritaires sur ce genre d’événement.
La salle vue en arrivant
Néanmoins, comme les autres années, on pouvait trouver un « îlot » arthropode avec quelques stands ; on y trouvait notamment les frangins d’ Arthropodia fidèles aux postes avec une partie exposition de leur stand avec des phasmes, mantes, cétoines, réduves ou blattes, et une partie dédiée à la vente de tous ces insectes cités précédemment.
Blattes
Réduves
Heteropteryx dilatata
Phyllium tobeloense
Pnigomantis medioconstricta
Mantes
Partie vente
A côté se trouvait l’association Le Peuple de l’Ombre avec une exposition là aussi de phasmes, mantes ou cétoines, mais pas de vente.
Cétoines
Phasmes
Toujours sur l’îlot se trouvait Microfaune, spécialisé dans les fourmis.
Juste en face de cet îlot se trouvait le stand Ebugz chez lequel on trouvait des arthropodes d’un autre genre : uropyges, iules, araénomorphes mais aussi d’autres plus classiques comme des mantes, des cétoines et des phasmes.
Stand Ebugz
On pouvait trouver encore quelques autres stands d’insectes mais de moins grandes importances et intercalés entre des stands reptiles, avec une moins bonne visibilité malheureusement.
Au total, ce sont 3431 visiteurs qui ont arpentés les 4000 mètres carrés de l’Artois Expo, ce qui en fait encore cette année une réussite !
Intro : La souche actuelle provient de Tapah Hills en Malaisie, en élevage depuis 2010. On voit de plus en plus cette superbe espèce dans les élevages, mais sa réputation d’espèce difficile ainsi que sa plante de substitution plutôt contraignante à se procurer semble la réserver à des éleveurs déjà expérimentés.
Pays d’origine : Malaisie
Description :
– Oeufs : environ 3 mm de long sur un peu moins de 2 mm de large, ils sont de couleurs variables allant du jaune au beige un peu gris. La couleur ne semble pas influer sur leur viabilité. Ils vont avoir tendance à foncer au fur et à mesure que l’éclosion approche et les quelques heures avant la naissance on peut même voir par transparence la couleur verte du futur phasme. Les œufs sont collés sur différents supports par la femelle (feuille, paroi, sopalin) par groupes de 5 à 20 œufs. L’opercule est toujours vers le haut afin de permettre au phasme d’éclore.
Oeufs de Marmessoidea rosea « Tapah Hills »
Deux oeufs de Marmessoidea rosea « Tapah Hills » de coloration différente
– Jeunes : à la naissance il mesure environ 14 mm, il a le corps vert pomme et les pattes oranges. Les antennes font environ 2 cm. Il va garder cette coloration jusqu’ au stade L3, où il va ensuite prendre une couleur brune-bordeaux jusqu’au stade sub-adulte.
L1 Marmessoidea rosea « Tapah Hills »
L3 Marmessoidea rosea « Tapah Hills »
– Femelle adulte : environ 8 cm de long, le corps est vert, la tête plutôt jaunâtre. Lorsqu’elle est dérangée elle se déplace frénétiquement au sol, s’agite et ouvre ses belles ailes roses. Elle est capable de voler sur quelques mètres. Les vieilles femelles vont avoir tendance à avoir tout le corps qui va devenir jaune et les yeux bleus.
– Mâle adulte : environ 5,5 cm de long, avec de longues antennes qui font la taille du corps. Il a la tête bleue avec un cercle jaune entre les deux yeux, le reste du corps étant vert. Les pattes sont oranges. Il possède des ailes roses qui recouvrent quasiment tout son abdomen, et les utilisent pour voler sans problème si il est dérangé. Attention aux évasions !
Mâle adulte Marmessoidea rosea « Tapah Hills »
Incubation : Elle est rapide et peut aller de 4 à 8 semaines. On peut incuber les œufs soit directement dans le terrarium sur le support de ponte choisi par la femelle, ou alors on peut décoller les œufs pour les placer en incubation sur un substrat (l’incubation étant courte le sopalin convient par exemple très bien à cette espèce). Les œufs sont assez durs et solides, peu de risque de les casser en les décollant (tout en restant minutieux …) Le taux d’éclosion est très élevé (avoisinant les 100%) !
Alimentation : En élevage, seul le salal semble donner de bons résultats sur le long terme. Le laurier sauce est aussi accepté mais ne semble pas permettre un élevage pérenne dans le temps.
Il est aussi possible de leur donner du camphrier (Cinnamomum camphora) qui serait très bien accepté mais n’ayant pas accès à cette plante je n’ai pas essayé.
Développement : Environ 3 mois pour avoir les mâles adultes et une quinzaine de jours de plus pour les femelles à 22°C environ.
Terrarium type : Moyennement aéré, avec le substrat humide en permanence dans l’idéal. Cependant cette espèce tolère de grandes variations d’hygrométrie et peut s’élever dans un environnement assez sec pour peu que la vaporisation soit au moins quotidienne. Une hauteur de 40 cm semble le minimum.
Difficulté : 3/5
Rareté : 4/5
Notes :
Espèce que je ne recommande pas aux débutants mais à des éleveurs avec déjà une certaine expérience. Les pertes peuvent être conséquentes, avec lors de ma première génération presque 75% de pertes lors des deux premiers stades ! Heureusement les femelles pondent assez généreusement et le taux d’éclosion est très élevé. Lors de la deuxième génération les choses semblaient plus contrôlées avec moins de 20% de pertes, sans grand changement majeur dans la façon de les maintenir. Ne pas oublier de couper le bord des feuilles de salal qui sont très épaisses. On peut mettre des morceaux de pommes pour aider à démarrer l’alimentation des jeunes L1, mais j’ai pu m’en passer lors de ma deuxième génération car les pertes étaient plus rares. Ils se démarrent assez bien en nurserie braplast 5,8L avec une face grillagée et une à deux vaporisations par jour.
Si on garde tous les œufs il y a quand même moyen de se retrouver débordé par le nombre de jeunes, les femelles vivent assez longtemps et pondent environ une vingtaine d’œufs tous les quinze jours. De plus le cycle court fait qu’on se retrouve rapidement avec des individus de tous les stades, la cohabitation entre les L1 et les adultes ne posent pas de problème particulier si il y a de la place pour tout le monde.
Les accouplements doivent être furtifs et de nuit car je n’en ai jamais observés. Le ratio mâle/femelle semble être en faveur de ces dernières.
PSG, trois lettres qui évoquent pour la plupart des personnes le Paris Saint Germain, club de foot de la capitale … alors que viennent faire ses trois lettres sur un site de phasme ?
L’acronyme PSG est utilisé dans notre hobby afin de désigner le « Phasmid Study Group », c’est à dire le groupe d’étude des phasmes, qui étudie et attribue à chaque espèce qui passe entre ses mains un numéro.
C’est ainsi que l’on peut lire par exemple Carausius morosus P.S.G. N°1 : il s’agit de l’espèce Carausius morosus et celle-ci porte le numéro 1 dans la classification du P.S.G.
Au jour ou j’écris ces lignes (28/10/2017), la classification PSG compte 390 espèces ! Elle est consultable ici
Intro : Espèce collectée par Thierry Heitzmann, et première génération élevée en Europe en 2017. Nul doute qu’elle devrait se démocratiser dans les élevages assez rapidement à la manière d’Orthomeria kangi « Benguet » qui est désormais courante.
Pays d’origine : Philippines
Description :
– Oeufs : Arrondi, ressemble à une lentille (ou une soucoupe volante pour les plus imaginatifs 😉 ), taille 4×3 mm. Marron foncé avec un anneau jaunâtre qui fait le tour de l’œuf et relie l’opercule par chacun de ses pôles.
Comparaison de taille entre un oeuf d’Orthomeria kangi « Benguet » à gauche et Orthomeria pandora « Tagumpay » à droite (ne pas tenir compte de la couleur de l’oeuf d’O.kangi, ce dernier étant vide la couleur est moins foncée)
Oeufs Orthomeria pandora « Tagumpay »
– Jeunes : Taille à l’éclosion environ 15 mm, les antennes font 10 mm. Très rapide, gesticulant dans tous les sens, attention à ne pas en égarer ! Très belles couleurs, noir annelé de blanc, le corps est recouvert de micro-poils. Un peu plus gros que l’Orthomeria kangi.
L1 Orthomeria pandora « Tagumpay »
– Femelle adulte : Elle mesure environ 6,5 cm, elle a les yeux rouges et le corps couleur brun avec des reflets un peu bordeaux par endroit. Elle possède des ailes noires qui recouvrent les deux tiers de son abdomen qui ne lui permettent pas de voler mais de sautiller quand elle est dérangée. Elle pond environ 3 semaines après la mue imaginale à raison d’environ un à deux œufs par jour.
Femelle adulte Orthomeria pandora « Tagumpay »
– Mâle adulte : Environ 5 à 5,5 cm, il a les yeux rouges et le corps noir. Il possède des ailes noires avec le dessus jaune qui recouvrent les trois quarts de l’abdomen. Il ne peut pas s’en servir pour voler mais plutôt pour faire des bonds lorsqu’il se sent menacé.
Mâle adulte Orthomeria pandora « Tagumpay »
Incubation : Environ 2 mois à deux mois et demi à une température moyenne de 22 °C dans une ambiance humide, les naissances se font essentiellement l’après midi. Le taux d’éclosion est élevé, pour ma part j’incube cette espèce sur sopalin sans difficulté, mais la vermiculite ou la tourbe donne aussi de bons résultats.
Alimentation : Orties, peut être pyracantha mais je n’ai pas essayé
Développement : Environ 2 mois et demi pour obtenir des mâles adultes et un mois de plus avant d’avoir les premières femelles adultes, le tout à une température moyenne de 22°C. J’élève cette espèce de la même manière que les Orthomeria kangi « Benguet » avec la même réussite.
Terrarium type : Semi aéré, minimum 30 cm de haut pour les adultes
Difficulté : 2/5
Rareté : 4/5
Notes : La durée de vie des mâles une fois adultes est assez éphémère, compter deux mois maximum, ce qui peut poser problème si les femelles sont à la traîne pour les accouplements. Il est possible d’incuber les œufs en deux lots avec un petit écart de température afin d’étaler les naissances et essayer de pallier à ce problème. De plus, les mâles sont très actifs et si ils sont en surnombre par rapport aux femelles il peut arriver que celles-ci décèdent d’épuisement, à cause des sollicitations répétées des mâles pour s’accoupler ! Il faut alors séparer mâles et femelles et introduire un nombre de mâles équivalent au nombre de femelles la nuit afin que les accouplements se fassent.
Dans l’ensemble, espèce semblable aux Orthomeria kangi « Benguet » dans ces conditions d’élevage et son comportement, tout en étant un peu plus grosse et moins prolifique. Le « défi » peut résider dans le fait d’obtenir des mâles et des femelles adultes en même temps.