La nurserie idéale

Depuis deux ans j’utilise un nouveau type de nurserie qui me donne une grande satisfaction pour la plupart des espèces, il s ‘agit des boites braplast 5,8L avec quelques modifications.

Cette petite boite en plastique fait en dimension 18 x 18 x 19 cm et convient ainsi à la plupart des jeunes phasmes, sauf pour les très grandes espèces style Phryganistria, Pharnacia ou Phobaeticus par exemple. Vous en trouverez en vente sur le net à des prix d’environ 1 à 2 € la boîte, ce qui est très abordable.

Afin d’apporter de l’aération, je découpe soit sur le couvercle soit sur une face le plastique afin d’y coller de la moustiquaire. S’il s’agit de la face avant qui est en moustiquaire, cela semble un peu mieux pour les espèces qui ont besoin de plus d’aération. Après il est même possible de faire deux faces avec des aérations mais je n’en ai jamais eu vraiment l’utilité …

 

Ensuite il suffit d’aménager cette petite boite avec du sopalin au fond, un petit pot d’eau ( pour ça j’utilise les petits pots en verre qu’on trouve en grande surface qui vendent des œufs de lump par exemple) et le feuillage.

 

J’obtiens ainsi de très bon résultats, à condition de ne pas surpeupler la nurserie et de conserver un feuillage frais. Il est aussi possible d’utiliser les astuces que je décris ici afin d’inciter les jeunes phasmes à manger.

Je trouve cette nurserie idéale car elle est de taille adaptée à la plupart des jeunes phasmes, qui ne vont pas s’épuiser à chercher leur nourriture dans un terrarium trop grand. De plus elle est entièrement modulable niveau aération, ce qui permet de s’adapter aux besoins de chaque espèce. Et tout cela pour une somme modique de quelques euros !

En général je garde les jeunes jusqu’au stade L3 dans cette boîte. Cependant, si un nombre restreint d’individus est gardé, il est possible d’élever certaines espèces du L1 jusqu’à l’adulte dans ce bac (ex : Neohirasea sp « Cat Ba, Epidares nolimetangere, Tisamenus sp « Ilocos » …)

L1, L2, L3 … quelle signification ?

Il arrive très souvent de lire qu’un phasme est au stade L1, L2 etc … et pour les non initiés cela peut sembler obscur, mais rassurez-vous, si vous ne savez pas ce que cela signifie c’est en fait très simple 😉

A la naissance, le phasme est considéré comme L1, il vient de sortir de l’œuf.

Après sa première mue, il passera au stade L2 ; c’est donc un phasme qui a éclos et qui a déjà fait une mue.

Puis à la mue suivante, il sera au stade L3, soit un phasme qui a éclos et qui a déjà fait deux mues.

Et ainsi de suite jusqu’au stade adulte !

Classiquement, on dit que les phasmes sont adultes au stade L5 à L6 chez le mâle et plutôt L6 ou L7 chez la femelle, mais évidemment cela peut varier selon les espèces.

Néanmoins, on a tendance à abandonner ces termes lorsque le phasme est adulte. De même, lorsqu’il reste au phasme une mue avant de devenir adulte, on préfère en général utiliser le terme « sub-adulte » afin de désigner son stade.

Le rythme entre les mues varie selon l’espèce et le sexe, allant d’une dizaine de jours jusqu’à parfois 2 mois.

 

Généralités sur les phasmes et leur élevage

Les phasmes sont des insectes qui vivent partout à travers le globe excepté les régions glaciales et désertiques.
Il existe plus de 3000 espèces de phasmes connues à travers le monde et plusieurs centaines d’entres elles ont été ou sont encore aujourd’hui en élevage. De formes et de tailles différentes, l’élevage de la plupart de ces espèces est accessible à tous pour peu qu’on leur apporte un minimum d’attention.
Les phasmes peuvent se reproduire de deux façons :
– par parthénogénèse, c’est à dire que la femelle n’a pas besoin de fécondation pour pondre des œufs qui donneront à leur tour uniquement des femelles ; il existe certaines espèces qui se reproduisent uniquement par cette méthode, car les mâles n’existent pas dans la nature ou dans les élevages.
– de façon sexuée, quand un mâle s’accouple avec une femelle. Une seule fécondation suffit à assurer une reproduction sexuée pour tous les œufs qui seront pondus lors de la vie d’une femelle (cette notion reste cependant de plus en plus controversée et ne semble pas valable pour toutes les espèces).
Après une période d’incubation variable selon l’espèce, allant de 1 mois jusqu’à plus d’un an, les œufs donneront naissance à des jeunes phasmes, copie miniature de leurs parents. Quelques jours après la naissance, le nouveau-né commencera à s’alimenter de feuillage. Selon l’espèce, ils seront plus ou moins polyphages, certaines espèces n’acceptant uniquement qu’un seul type de plante. En élevage la plante la plus souvent acceptée et utilisée est la ronce.
Pour grandir les phasmes vont avoir recours à des mues où ils abandonneront leur ancienne « peau » trop étroite (appelée exuvie), au rythme d’environ une par mois. Il faut en général cinq à sept mues avant qu’un phasme ne devienne adulte, ce qui représente en moyenne une durée de 3 à 6 mois mais qui peut aller jusqu’à un an !
Quelques jours après la mue imaginale (c’est à dire la mue qui marque le passage à l’âge adulte) le phasme est apte à s’accoupler et les femelles pourront commencer à pondre entre 15 jours et 2 mois après la dernière mue (durée variable selon l’espèce). Ce n’est pas l’accouplement qui va déterminer à partir de quand la femelle va commencer à pondre mais bien la date de la mue imaginale. Une femelle non fécondée  pourra quand même pondre des œufs grâce à la reproduction par parthénogénèse décrite précédemment (sauf exception la parthénogénèse semble fonctionner chez presque toutes les espèces).
Pour élever des phasmes il existe plusieurs règles à respecter :
– avoir un terrarium adapté aux besoins de son espèce et au nombre d’individus
– avoir des plantes nourricières disponibles
– avoir une température minimale de 20 °C (on peut tolérer jusque 18°C mais la croissance sera alors ralentie)
– pouvoir s’en occuper idéalement de façon quotidienne (gestion des naissances, vaporisation, observation) et changer le feuillage de façon hebdomadaire

Fabriquer un terrarium pas cher pour ses phasmes

Comme vu dans l’article sur les différents types de terrarium, il est possible de créer à partir de bac plastique de rangement qu’on peut acheter en grande surface des terrariums pour nos phasmes qui sont pratiques et efficaces pour l’élevage.

Le matériel nécessaire :

  • un bac plastique
  • un cutter pour faire les trous pour l’aération
  • de la moustiquaire, toujours pour l’aération
  • de la colle, pour coller la moustiquaire.

Pour le bac plastique, en choisir un transparent afin de laisser passer la lumière. On en trouve dans les grandes surfaces ou les magasins de bricolage, avec des tailles et des prix variables (15 à 80 cm et 3 à 25 euros), à choisir selon l’espèce de phasmes que vous allez mettre dedans et leur stade.

Une fois qu’on a le bac, il faut faire les aérations. Une fois encore, la grandeur des aérations se fera selon l’espèce. On peut faire juste un ou deux petits trous de quelques cm pour une espèce aimant les endroits confinés, jusqu’à complètement faire une face ou plusieurs entièrement grillagées pour des espèces nécessitant beaucoup d’aération.

Pour faire l’aération il faut découper le plastique au cutter. Cependant attention, il est facile de casser le plastique et se retrouver avec quelque chose d’inutilisable. Afin de découper plus facilement le plastique il peut être utile de chauffer la lame du cutter.

20120926_1897084570616452_538035639_n

Ensuite, il faut découper la moustiquaire pour la coller au niveau des trous d’aérations. La moustiquaire permet aussi de vaporiser les phasmes sans ouvrir le terrarium, pratique !

20134623_1897084407283135_220480864_n

Voilà c’est terminé ! Vous avez votre terrarium ! Maintenant il faut l’aménager.

Pour le substrat, le plus pratique et hygiénique reste le sopalin, c’est donc ce que j’utilise. Ensuite, il faut un pot afin de faire tremper dans l’eau les tiges des plantes nourricières. Pour cela j’utilise un pot style pot à confiture dans lequel je perce quelques trous au niveau du couvercle afin d’y faire passer les tiges.

20138092_1897084437283132_1788770314_o

Généralement, on préfère favoriser la hauteur afin de laisser une hauteur suffisante pour les mues, c’est pourquoi on met le coté le plus long dans le sens de la hauteur pour les phasmes.

20187772_1897084377283138_2095404322_n20134541_1897083327283243_1401225295_n

Maintenant que tout est fini, il est temps d’y mettre vos phasmes, et bon élevage !

 

 

Comment envoyer des phasmes ; la méthode « bouteille »

 

 

Voici un petit tuto en image sur comment envoyer des phasmes par la poste tout en recyclant ses bouteilles.
J’utilise cette méthode depuis de nombreuses années, elle convient à tous types de phasmes sauf les plus grands ( plus de 13/14 cm).

Tout d’abord le matériel dont on a besoin :
– une bouteille en plastique 1,5 ou 2L et son bouchon
– du scotch
– du sopalin
– du film transparent
– de la feuille d’aluminium
– une branche d’alimentation pour le transport (ronce, millepertuis, troène etc selon l’espèce)

Prendre la bouteille et la couper afin d’obtenir 2 parties, de façon à ce que la taille de la bouteille soit adaptée à celle des phasmes, qu’ils puissent bouger un minimum. On gardera de préférence la partie ou il y a le bouchon, voir plus bas pour savoir pourquoi.

 

Couper une branche qui fasse environ la même taille que la bouteille afin de permettre aux phasmes de se nourrir et de s’accrocher pendant le voyage et entourer la base de la branche avec du sopalin qu’on aura imbibé d’eau.

20993147_10214082105710884_96525731_o (1)

Ensuite enrouler ce sopalin d’une feuille d’aluminium afin d’éviter l’évaporation de cette eau pendant le transport permettant de garder un feuillage frais pendant plusieurs jours.

 

Mettre la branche dans la bouteille, tige avec l’alu coté bouchon, et ensuite caler cette tige avec du sopalin roulé en boule en appuyant bien fort afin que ça ne bouge plus. De cette façon pas de branche qui va de droite à gauche pendant le transport donc plus de stabilité pour les phasmes et moins de risque pour eux de se faire écraser ou de problème si l’un d’entre eux devait muer (même si ça reste toujours délicat pendant un transport).

Ensuite mettre les phasmes, et fermer le haut de la bouteille avec une feuille de film transparent bien tendue. On va maintenir le tout avec du scotch qu’on va enrouler autour de la bouteille tout en commençant à un endroit en contact avec le plastique de la bouteille et en finissant en revenant au contact de la bouteille afin d’être sur que ça ne bouge pas (si on scotch que sur le film transparent celui ci risque de s’en aller, il faut bien solidariser ensemble bouteille-film transparent grâce au scotch)

Ne pas oublier de percer de petits trous au niveau du film transparent afin d’éviter la condensation et donc l’excès d’humidité qui est néfaste pendant le transport avec un risque de phasme qui reste collé avec l’humidité contre la paroi, je déconseille donc de vaporiser dans la bouteille même pour des espèces qui demandent habituellement un fort taux d’hygrométrie.

Voilà, il ne vous reste plus qu’à mettre le tout dans votre colis et à le caler avec du papier journal ou papier bulles.

En général le délai est de 48h entre l’envoi et la réception, mais parfois plus  … par sécurité il est préférable d’envoyer ses bêtes toujours en début de semaine, le lundi ou le mardi.

Pour des envois à l’international, le délai est plus variable, entre 2 à 5 jours en moyenne, parfois plus donc dans ce cas l’emballage et le conditionnement des bêtes est primordial !

J’utilise cette méthode depuis des années et elle me donne entière satisfaction depuis, les pertes pendant le transport étant rare et les phasmes arrivant en bon état. En cas de températures extrêmes ( moins de 5°C ou plus de 30°C) il vaut mieux décaler les envois, le risque de mort pendant le transport étant trop important.

Alimentation des phasmes en élevage

Il existe de nombreuses plantes que l’on peut trouver plus ou moins facilement selon où l’on habite et qui peuvent s’avérer utile dans l’élevage des phasmes.

La plante la plus acceptée par les différentes espèces est la ronce. Elle a l’avantage de se trouver partout et toute l’année.

Les deux autres plantes très utiles pour élever des phasmes sont le millepertuis et le troène. Avec ces trois plantes on peut élever plus de 90% des espèces en élevage. Si on rajoute le salal, la fougère et l’eucalyptus on approche les 100%.

La ronce commune (Rubus fruticosus) :

 

Plante nourricière incontournable, elle peut permettre à elle seule de nourrir les trois quarts des espèces que l’on trouve en élevage. On la trouve le plus souvent en sous bois dans les coins humides, même sous la neige ou lors des gelées hivernales. Il est préférable d’avoir de belles feuilles bien vertes, mais l’hiver lorsqu’il fait froid des feuilles un peu rougeâtre font l’affaire.

Il existe une grande variété de ronces différentes, sans que cela ne semble avoir une grande incidence sur la réussite dans nos élevages. Il est préférable d’utiliser des ronces peu épineuses pour éviter que les phasmes se blessent dessus (bien que ce soit rare).

En général elle tient facilement une semaine dans un pot d’eau, voir jusque 10 à 15 jours, cela dépendant de la chaleur et de l’humidité (une ambiance chaude et sèche va avoir tendance à assécher les feuilles même si les tiges trempent dans de l’eau, au contraire une ambiance trop confinée et humide peut les faire pourrir).

Dans la même famille  on trouve le rosier et le framboisier, qui ont l’inconvénient de perdre leurs feuilles en hiver. Les espèces de phasmes qui se nourrissent de ronces mangent en général ces deux plantes, mais cela est en pratique assez rare car moins facilement accessibles.

 

Le millepertuis (Hypericum) :

 

Plante providentielle pour de nombreuses espèces, le millepertuis est un incontournable pour qui veut avoir accès à des espèces autrement impossibles d’élevage sans cette plante. Elle permet aussi de diminuer la mortalité dans les premiers stades chez certaines espèces qui acceptent aussi la ronce et est aussi une alternative au printemps lorsque les jeunes pousses de ronces sont parfois refusées ou source de problèmes dans les élevages.

L’espèce la mieux acceptée de millepertuis est la forme « hidcote » qui forme des petits buissons. De plus elle est souvent utilisée par les municipalités dans les par terres de fleurs ce qui peut en faciliter son accès pour les personnes qui n’auraient pas la possibilité d’en planter chez soi. Elle a une croissances plutôt rapide en pleine terre et ne demande pas d’entretien particulier, pas besoin d’avoir la main verte pour en cultiver !

C’est une plante qui garde ses feuilles toute l’année même si parfois l’hiver lors de fortes gelées ou d’épisode neigeux il arrive que les feuilles tombent ou soient complètement grillées par le froid. J’ai l’impression que les jeunes feuilles sont plus résistantes au froid l’hiver, une taille courant août laissant le temps d’une repousse avant l’hiver avec un feuillage jeune serait peut être une solution à ce problème …

Le millepertuis taillé tient bien dans un pot d’eau plus d’une semaine sans problème.

 

Le troène (Ligustrum)

 

On en trouve deux sortes, le troène commun (Ligustrum vulgare) qui est le plus courant, et le troène japonais (Ligustrum japonicum), qui a l’avantage de mieux garder ses feuilles l’hiver.

Le troène est utile pour élever certaines espèces qui n’acceptent en général uniquement cette plante ou presque (notamment les Pseudophasmatinae). Souvent utilisé pour faire des haies, on en trouve donc facilement que ce soit en ville ou à la campagne.

Le troène commun est semi-persistant et on arrive en général à en trouver toute l’année même si parfois de fortes gelées peuvent faire tomber la plupart des feuilles.

Pas de soucis pour garder du troène taillé dans un pot d’eau pendant une semaine à dix jours.

 

Le salal (Gaultheria shallon) :

 

Plante dont j’ai longtemps était réticent à son utilisation de par le fait que le seul moyen de s’en procurer facilement est d’en récupérer chez le fleuristes sous forme de botte qui comprend une grosse vingtaine de branches. J’avais peur des pesticides … à tort ! Le salal qu’on trouve chez le fleuriste vient des forêts du Canada et n’a rien de dangereux pour nos pensionnaires. En plus d’un an d’utilisation je n’ai jamais eu de problème, et cela se confirme aussi pour les autres éleveurs qui utilise cette plante.

Un peu comme le millepertuis, c’est parfois la seule plante acceptée par certaines espèces et pour d’autres il s’agit d’un complément de choix.

D’un point de vue financier, le prix d’une botte est compris entre 2,5 et 5€. Une fois les tiges dans l’eau et si il est gardé dans un environnement humide (comme souvent dans nos terrariums) il tient sans problème 2 semaines, et j’ai pu en conserver jusqu’à 20 jours.

Il est possible d’en planter, mais la pousse est longue et l’appétit des phasmes aura surement raison de la croissance de la plante … c’est pourquoi l’approvisionnement chez le fleuriste semble le plus simple même sur le long terme.

La feuille de salal est épaisse et dure, il est recommandé de couper les bords pour les plus jeunes phasmes.

 

La fougère :

IMG_7697.JPG

Il existe de nombreuses variété des fougères, d’intérieur ou d’extérieur.

Pour les fougères qu’on trouve dehors, le problème se pose en hiver lorsqu’elles se font rares. A noter que les fougères aigles sont souvent décrites comme n’étant pas acceptées par les phasmes.

Pour les fougères d’intérieur pas de problème pour en avoir toute l’année. Attention néanmoins aux pesticides qui pourrait rester pour les plants venant de jardinerie.

 

L’Eucalyptus :

Plante indispensable pour élever certaines espèces australiennes, l’eucalyptus est plus ou moins facile à trouver selon où vous habitez ! Pour les personnes vivants dans le sud de la France, on trouve assez facilement de l’Eucalyptus dehors et les températures clémentes permettent d’en planter sans se poser trop de question avec le gel l’hiver.

Pour les nordistes, l’eucalyptus est souvent une denrée rare. L’espèce qui résiste le mieux au gel est l’Eucalyptus gunii (jusqu’à -14°C). La croissance assez rapide de cet arbre est aussi un atout (jusque plusieurs mètres par an !).

Une autre option pour s’en procurer est d’avoir recours tout comme pour le salal à des bottes chez le fleuriste. Le prix d’une botte est compris entre 3 et 6€, mais la longévité une fois dans un pot d’eau dépasse rarement la semaine.

Il semblerait que les espèces qui acceptent l’eucalyptus acceptent également le salal, au moins en dépannage, peut être sur le long terme aussi, à creuser …

 

Le lierre ( Hedera helix) :

 

 

Il se trouve partout et par tous temps ce qui en fait une plante souvent utilisée. Cependant attention, de nombreuses espèces qui acceptent la ronce n’acceptent pas forcément le lierre (Phyllium et  Extatosoma en tête !)

Je n’utilise que très rarement cette plante comme plante principale, mais le plus souvent en plante d’appoint. Il tient longtemps en pot et semble plus consistant pour les phasmes que la ronce ce qui permet de mettre moins de feuillage dans le terrarium pour une même durée.

 

Le pyracantha :

 

Petit arbuste épineux qui est souvent utilisé pour faire des haies, le pyracantha est utile pour l’éleveur un peu à la manière du millepertuis ; il permet de diminuer la mortalité pour les premiers stades chez certaines espèces délicates. Pour quelques rares espèces elle est la seule ou presque plante acceptée (Trachythorax maculicollis par exemple !).

On le trouve toute l’année et tient facilement une semaine en pot. Sa croissance est assez lente les  deux ou trois premières années puis décolle ensuite, un seul pied peut suffire chez soi.

 

Le laurier cerise (Prunus laurocerasus) :

 

Utilisé depuis peu, cette plante a un intérêt pour l’élevage de certaines espèces du genre Calvisia. On peut aussi l’utiliser chez certaines autres espèces, souvent en complément de la ronce (ex : Xenophasmina).

C’est un arbre qui est couramment utilisé pour faire des haies ou sous forme d’arbres dans les jardins. De plus il est persistant ce qui est un avantage.

Une fois coupée et en pot les feuilles tiennent plus d’une semaine. Cette feuille est dure et il est préférable de découper le bord avec un ciseau afin de faciliter la prise alimentaire chez les plus jeunes phasmes.

 

L’ortie (Urtica dioica):

 

Son utilisation se résume pour le moment à l’élevage des espèces du genre Orthomeria. Connue de tous, l’ortie se trouve partout à la campagne et en forêt.

Si les températures restent négatives trop longtemps, il devient difficile d’en trouver l’hiver, donc attention … il est préférable d’avoir toujours quelques plants en pots, au cas ou.

Le gros inconvénient de l’ortie et sa longévité une fois dans un pot d’eau, qui dépasse difficilement les 5 jours, et parfois moins l’été avec les fortes chaleurs ou l’hiver quand il est gelé.

 

Le plantain (Plantago)

 

Il existe deux types de plantain : majeur (photo de gauche) ou lancéolé (à droite). On trouve les deux comme mauvais herbes un peu partout, et les deux types sont aussi bien acceptés par les phasmes.

Plus facile à trouver l’été, on peut continuer à en trouver un peu l’hiver. Le principal intérêt du plantain est d’être très bien accepté et même souvent préféré au troène par les Pseudophasmatinae.  Cependant ses petites feuilles limite son utilisation surtout aux premiers stades, car ensuite il faut beaucoup de feuilles pour répondre à l’appétit des phasmes.

 

Le noisetier (Corylus) :

 

Le noisetier est un arbre caduque trouvable dans la plupart des forêts et certains jardins. La très grande majorité des phasmes acceptant la ronce accepte aussi le noisetier, il peut faire une bonne alternative l’été pour varier les plaisirs ! Certaines espèces en viennent même à délaisser la ronce lorsqu’il y a du noisetier au menu (ex: Eurycantha insularis)

 

Le chêne (Quercus) :

 

Il existe de nombreuses espèces de chênes et toutes ne se valent pas ! A noter que le chêne vert est le seul persistant, ce qui est un grand avantage. Malheureusement pour les nordistes il se trouve plutôt dans le sud de la France.

Le chêne est une bonne alternative à l’eucalyptus pour les espèces qui se nourrissent presque exclusivement de cette plante (Eurycnema notamment). Il est aussi très utile pour démarrer les jeunes Phyllium dans les premiers stades.

L’hiver il est possible de faire germer des glands à l’intérieur afin d’en avoir toujours disponible. Dans ce cas son utilisation se résume à démarrer des jeunes Phyllium car il est difficile d’en obtenir une quantité convenable, et l’appétit d’un couple d‘Eurycnema adulte viendrait à bout très rapidement des jeunes pousses germées.

 

Le châtaignier (Castanea):

Je ne vais pas m’étendre sur cette plante car je ne l’utilise pas (je n’en ai pas facilement disponible), mais selon le récit de plusieurs éleveurs il s’agit d’une très bonne plante pour remplacer la ronce en été.

 

Le Laurier sauce (Laurus nobilis) :

 

Le laurier sauce est accepté par principalement deux genres : les Diapherodes (gigantea en tête) et les Marmessoidea (rosea et quadriguttata notamment). Néanmoins, son utilisation comme seule plante dans l’alimentation de ces espèces est décriée, car il conduirait à chaque fois à la perte de la souche.

J’ai tenté un cycle avec uniquement cette plante avec les Marmessoidea quadriguttata, et après un très bon départ avec les L1, cela c’est rapidement dégradé avec des pertes de plus en plus fréquentes au fil de la croissance, et c’est soldé avec quelques adultes qui sont morts rapidement (avant la ponte chez les femelles). La raison de cet échec est-il dû au laurier sauce ou aux autres paramètres d’élevages ? D’autres expériences futures devraient nous éclairer prochainement sur la réponse à cette question …